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Après le Brexit, l’Afrique a ses chances

LONDRES – Le monde entier, après que les électeurs britanniques ont décidé de quitter l’Union européenne, a ressenti l’onde de choc, et l’Afrique ne fait pas exception, en raison, notamment, des liens historiques étroits qui l’unissent à de nombreux États membres de l’UE. Experts et pouvoirs publics ont été prompts à déplorer ce nouveau nuage d’incertitudes obscurcissant l’horizon économique africain, ne laissant que trop prévoir des lendemains difficiles.

La Namibie fut la seule à minimiser les conséquences du Brexit, probablement parce que ses exportations vers l’UE ont significativement diminué au cours des dernières années. Mais le reste de l’Afrique a raison de prendre le problème au sérieux, pour ce qui concerne, du moins, les perspectives à court terme.

Malgré tout, sur le long terme, l’Afrique devrait se montrer plus optimiste. L’angoisse qui a suivi le Brexit traduit surtout une conception traditionnelle sans grand rapport avec les véritables objectifs économiques tant des pays africains que du Royaume-Uni. Les cris d’alarme lancés à une Afrique exportatrice de matières premières vers l’Europe et le Royaume-Uni reposent sur l’hypothèse implicite que la coopération entre les deux continents est vouée, par essence, à se limiter au commerce des produits de base.

Or l’Afrique aspire à beaucoup plus. À mesure que sa population, très jeune, atteindra l’âge adulte, elle réclamera plus d’innovation et réduira sa dépendance aux exportations de matières premières. Adopté par l’Union africaine (UA) en 2013, l’Agenda 2063 offre un cadre à cette évolution et vise à faire du continent un regroupement d’« économies de l’apprentissage » : diversifiées, tirées par l’éducation et par l’innovation, avec une position plus forte dans les chaînes de production mondiales que ne la confère l’extraction de matières premières.