1

Endettement : l'UE doit arrêter de jeter de l'argent par les fenêtres !

NEW-YORK – La dette publique et privée des pays que l'on surnomme PIIGS (le Portugal, l'Irlande, l'Italie, la Grèce et l'Espagne [Spain en anglais]) a atteint un niveau insoutenable. Les taux d'intérêt des prêts accordés aux pays les plus touchés (le Portugal, l'Irlande et la Grèce) ont explosé depuis quelques semaines, malgré les plans de sauvetage financés par l'UE et le FMI. Et les taux d'intérêt des emprunts espagnols sont aussi à la hausse.

La Grèce est manifestement insolvable. Même avec une aide à hauteur de 10% de son PIB, accompagnée d'un plan d'austérité draconien, sa dette publique s'élève à 1,6 fois son PIB. Le Portugal dont la croissance stagne depuis 10 ans se dirige peu à peu vers la faillite de son secteur public. En Irlande et en Espagne, l'inscription des pertes colossales du secteur bancaire au budget de l'Etat s'ajoute à une dette publique qui va croissante et va entraîner une crise souveraine.

La politique officielle, le plan A, suppose non pas que les pays du PIIGS aient un problème de solvabilité, mais qu'ils manquent de liquidité et que par conséquent les prêts de secours en leur faveur (accompagnés de mesures d'austérité budgétaire et de réformes structurelles) leur permettront de supporter le poids de leur dette et leur ouvriront à nouveau la porte des marchés. Cette stratégie qui consiste à prêter en espérant que tout se passera bien est condamnée à échouer parce que la plupart des mesures auxquelles les pays endettés ont eu recours dans le passé face à une dette excessive ne sont pas applicables.

Impossible de recourir à la solution habituelle, la planche à billets, pour alléger la dette des pays du PIIGS, parce qu'ils sont prisonniers du carcan réglementaire de la zone euro. La seule institution qui puisse mettre en route la planche à billets, la Banque centrale européenne (BCE), n'aura jamais recours à l'inflation face aux déficits budgétaires.