Saturday, April 19, 2014
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Mort à Lhassa

PRAGUE – Le 8 avril, le tribunal populaire intermédiaire de Lhassa a condamné à mort deux Tibétains, Lobsang Gyaltsen et Loyak, accusés d'avoir incendié volontairement des magasins appartenant à des Chinois, actes ayant entraîné la mort. Le même tribunal a condamné à la même peine mais avec sursis deux autres militants tibétains, Tenzin Phuntsok et Kangtsuk, et il a infligé une peine de prison à perpétuité à un troisième accusé, Dawa Sangpo.

Ce sont les premières peines de mort prononcées par des tribunaux chinois à des participants aux manifestations qui ont eu lieu à Lhassa et dans d'autres villes tibétaines au printemps 2008. Ces procès ayant eu lieu à l'abri des regards du monde extérieur, sans observateur impartial ou journaliste étranger, on peut douter fortement que les accusés aient bénéficié d'un procès équitable, conforme aux normes internationales.

Aussi, nous demandons aux autorités de la République populaire de Chine de revenir sur la décision d'exécuter ces manifestants et de les rejuger dans un cadre qui se rapproche des normes internationales que la Chine dit reconnaître, en commençant en priorité par ouvrir le procès aux observateurs internationaux.

Au-delà du sort dévolu aux Tibétains condamnés à mort ou à perpétuité par ce tribunal tibétain pour les manifestations de l'année dernière, nous sommes aussi préoccupés par le sort de centaines d'autres manifestants emprisonnés qui sont en attente de jugement devant le tribunal de Lhassa. Nous craignons que les récentes condamnations à mort ne soient que le début d'une avalanche de décisions judiciaires très contestables, marquées par un nombre inquiétant d'exécutions dans cette région où la situation est tendue.

Si la Chine veut que sa stature morale devant la communauté internationale soit à l'égal de sa stature économique et tirer tous les avantages de son accession au rang de grande puissance économique, il est de toute première importance que les représentants de la Chine au Tibet reconnaissent la nécessité d'une justice équitable à l'égard de tous ses citoyens, y compris les membres de ses minorités ethniques.

Dans le cadre d'une procédure judiciaire régulière, nous demandons aux dirigeants chinois d'autoriser les représentants de la communauté internationale à se rendre au Tibet et dans les provinces voisines dont une grande partie est interdite aux observateurs internationaux depuis les manifestations qui ont affecté le Tibet lors du printemps dernier.

C'est seulement en faisant preuve de plus de transparence à l'égard du reste du monde quant à sa manière de diriger le Tibet que le gouvernement de la République populaire de Chine dissipera les inquiétants soupçons quant à la situation dans cette région. C'est seulement en permettant à des observateurs internationaux de rapporter impartialement et honnêtement ce qui se passe au Tibet que le gouvernement chinois pourra dissiper l'impression que le maintien de son régime dans cette région se traduira par encore davantage d'atteintes graves aux droits humains des membres des minorités ethniques de la Chine.

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