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La crise de créativité des politiques budgétaires

CAMBRIDGE – Des banques cupides, des théories économiques bancales, des politiciens incompétents : la liste est longue lorsqu'il s'agit de désigner les coupables de la crise économique dans laquelle les pays riches se sont engouffrés. Toutefois des forces plus fondamentales sont en jeu, une faille de source plus profonde que la simple responsabilité individuelle des décideurs. Les démocraties sont connues pour leur inaptitude à produire des compromis crédibles nécessitant des engagements politiques à moyen terme. Tant aux États-Unis qu'en Europe, les coûts de cette contrainte sur les politiques ont amplifié la crise et a embrouillé la manière d'en sortir.

Prenons les États-Unis, où les politiciens délibèrent sur les moyens à prendre pour éviter une récession à double creux, réanimer l'économie et d'abaisser le taux de chômage qui semble vouloir se maintenir en haut de la barre du 9 %. Tous reconnaissent que la dette publique du pays est trop élevée et qu'il faudra la réduire un jour ou l'autre.