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L’évolution du travail

CAMBRIDGE – A la mi-décembre, l'ONU publiera le nouveau numéro de sa série de référence de Rapports sur le développement humain annuels. Le rapport de cette année met l'accent sur la nature du travail : comment la façon dont nous gagnons notre vie est transformée par la mondialisation économique, les nouvelles technologies et les innovations d’organisation sociale. Les perspectives pour les pays en développement, en particulier, sont décidément mitigées.

Pour la plupart des gens, la plupart du temps, le travail est généralement désagréable. Historiquement, c’est grâce à de grandes quantités de travail éreintant que les pays sont devenus riches. Et c’est la richesse qui permet à certaines personnes d’avoir la chance de faire un travail plus agréable.

Grâce à la révolution industrielle, de nouvelles technologies dans les textiles en coton, dans le fer et l’acier, ainsi que dans le transport ont permis une hausse constante des niveaux de productivité du travail pour la première fois dans l'histoire. D’abord en Grande-Bretagne au milieu du XVIIIe siècle, puis en Europe occidentale et en Amérique du Nord, des hommes et des femmes affluèrent de la campagne vers les villes pour satisfaire la demande croissante de main-d'œuvre des usines.

Cependant, pendant plusieurs décennies, les travailleurs n’ont que peu profité des avantages de la hausse de la productivité. Ils travaillèrent de longues heures dans des conditions étouffantes, habitèrent dans des logements surpeuplés et insalubres, et leurs revenus ne progressèrent que très peu. Certains indicateurs, tels que la taille moyenne des travailleurs, suggèrent que les niveaux de vie ont peut-être même diminué pendant un certain temps.