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Les États-Unis vont-ils “perdre” l'Amérique latine ?

Les 4 et 5 novembre, le quatrième Sommet des Amériques s'est tenu à Mar del Plata, en Argentine. Les chefs d'États des pays démocratiques du continent s'y sont rencontrés pour aborder des sujets économiques, politiques et sociaux, et pour laisser passer à nouveau l'occasion de créer une nouvelle relation plus saine entre les États-Unis et leurs voisins latino-américains.

En effet, ce sommet ne se résume à rien d'autre qu'à une énorme photo de famille. Aucun problème important n'a été résolu, et aucun progrès fait sur les nombreux points qui divisent de plus en plus les pays d'Amérique latine et les États-Unis. En particulier, aucune avancée n'a été réalisée sur la création d'une zone de libre-échange dans la région.

C'est d'autant plus décevant lorsqu'on se remémore que les dirigeants américains déclaraient il y a plus de dix ans, au cours du premier Sommet des Amériques à Miami en décembre 1994, que les négociations sur le libre-échange seraient “conclues pas plus tard que 2005.” Au centre de cet échec se trouve la mauvaise volonté de l'Amérique, et celle de l'administration Bush, d'ouvrir son secteur agricole à la compétition de pays comme l'Argentine, le Brésil et l'Uruguay.

Il est vrai que les États-Unis ne sont pas les pires délinquants en matière de protectionnisme agricole : les distorsions commerciales de l'Union européenne sont bien plus envahissantes. Mais il est également vrai que si les États-Unis veulent améliorer les relations avec leurs voisins du sud, il leur faudra faire d'importantes concessions commerciales bilatérales aux pays d'Amérique latine. Si les États-Unis ne mènent pas la danse en matière de commerce international, la majorité des pays d'Amérique latine n'ouvriront pas davantage leur économie à la compétition étrangère, certain retourneront peut-être même à un protectionnisme renforcé.