John Overmyer

La Russie peut-elle sauver l’Occident ?

MOSCOU – Les rapides bouleversements dans l’économie mondiale et dans la politique internationale mettent au jour, une fois encore, un éternel sujet d’inquiétude en Russie : sa relation avec l’Europe, ainsi qu’avec l’ensemble des pays de la région euro-atlantique. La Russie appartient bien sur en partie à cette région. Mais la Russie ne peut et ne veut s’y associer sans réserves – du moins pas pour l’instant. La situation est pourtant bien différente aujourd’hui.

Il semble de plus en plus manifeste que le monde euro-atlantique, dont les modèles économiques et politiques semblaient si triomphants il y a 20 ans, est maintenant à la traine derrière la Chine et certains autres pays asiatiques. Il en est de même pour la Russie qui, malgré des discussions encourageantes sur le développement de l’innovation, souffre d’une économie en pleine décomposition puisque la corruption a été autorisée à s’y métastaser et que le pays repose de plus en plus sur la richesse de ces ressources naturelles. L’Asie est finalement le vrai vainqueur de la guerre froide.

Ces puissances émergeantes posent problèmes quant aux choix géostratégiques de la Russie. Pour la première fois depuis des années, le fossé des valeurs entre la Russie et l’Union Européenne semble s’élargir. L’Europe se remet du nationalisme d’état, tandis que la Russie se bâtit un état nation. Ecornés par l’histoire et refusant d’être ravagé encore une fois par la guerre, les Européens ont préféré le compromis et ont renoncé à l’usage direct de la force dans les relations internationales.

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