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La Chine va-t-elle “perdre” les Jeux olympiques de 2008 ?

Lorsque le Comité international olympique a attribué les Jeux d’été de 2008 à Beijing en juin 2001, l’annonce a déclenché de folles célébrations dans tout le pays. Le Parti communiste chinois espérait se servir des Jeux comme d’une vitrine de l’émergence du pays en tant que nation dynamique et moderne. Mais alors que les dirigeants chinois mettent la dernière main aux préparatifs pour les Jeux d’août prochain, ils se demandent peut-être si accueillir cet événement est une si bonne idée, finalement. Ils ont de bonnes raisons de douter.

Les hauts responsables chinois surveillent toujours de près les manifestations publiques de ferveur nationaliste, craignant que des vents contraires ne fassent sévir un orage malvenu dans leur direction. Naturellement, ils espèrent que les Jeux vont canaliser ces énergies vers la solidarité nationale, ce qui leur permettra de donner à leur peuple une heure de réussite et de gloire patriotique.

Mais les Jeux olympiques vont aussi attirer les regards du monde entier sur les faiblesses de la Chine à un moment délicat du développement du pays. Le monde connaît déjà le succès de la Chine et son attrait pour les investissements étrangers, mais peu d’étrangers ont vu de leurs yeux le prix élevé que le pays paie sa prospérité nouvelle.

C’est dans les cours d’eau et dans l’air du pays que ce prix est le plus évident. La croissance et le développement fous ont provoqué la pollution d’environ 70 % des lacs et des rivières, la plupart impropres à toute utilisation humaine quelle qu’elle soit. En effet, presque un demi milliard de Chinois n’ont pas accès à l’eau potable, et le nombre de rivières et de lacs définitivement pollués augmente tous les jours.