14

La Grande-Bretagne va-t-elle opter pour la non-pertinence ?

LONDRES – Lorsque les électeurs au Royaume-Uni se rendront aux urnes le 23 juin pour décider si leur pays doit quitter l'Union européenne, les problèmes qu'ils devront prendre en compte concerneront l'impact de leur décision sur le chômage, les échanges commerciaux et la stabilité des marchés financiers. Mais d'autres considérations moins quantifiables qui doivent également être prises en considération.

Les arguments économiques contre une sortie britannique de l'UE, ou Brexit, sont bien rôdés. De nombreuses personnes ont suggéré que si le Royaume-Uni devait quitter l'UE, les industriels assureraient un accès continu au marché européen en s'échappant outre-Manche, ce qui coûterait des millions d'emplois au pays. De même, le retrait de l'UE risque de saper la position de Londres comme centre financier mondial, qui dépend de l'intégration de la City dans les marchés européens. Les accords commerciaux devraient également être renégociés suite au Brexit.

Un autre sujet de préoccupation pour de nombreux électeurs concerne la souveraineté du Royaume-Uni : l'idée selon laquelle les pays indépendants doivent avoir un pouvoir de décision ultime sur ce qui se passe à l'intérieur de leurs frontières. L'adhésion à l'UE nécessite parfois de céder le contrôle à un réseau complexe d'institutions supranationales, souvent inefficaces, basées à Bruxelles.

Je suis titulaire d'un doctorat en économie et je travaille avec des entreprises dont les employés et les opérations bénéficient de l'adhésion du Royaume-Uni à l'UE. J'ai également fait part de mon mépris prononcé envers la bureaucratie et l'inefficacité. Pourtant, je ne crois pas que les considérations économiques ou que les préoccupations au sujet de la souveraineté soient des arguments convaincants en faveur du Brexit.