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Quand déchantent les colombes de l'inflation

PITTSBURGH – The Wall Street Journal a récemment publié un article à la une selon lequel la politique monétaire des « colombes », qui avaient parié sur une inflation faible aux Etats-Unis, a obtenu un meilleur résultat que celle des « faucons », qui avaient fait valoir que des achats mensuels par la Fed de titres à long terme, connus sous le nom d'assouplissement quantitatif, déclencheraient une hausse des prix plus rapide. Ce compte-rendu était correct mais trompeur, car il a omis de mentionner la raison pour laquelle il y a aujourd'hui si peu d'inflation aux États-Unis. Les colombes ont-elles eu raison, ou bien ont-elles tout simplement eu de la chance ?

Le conseil d'administration de la Réserve fédérale des Etats-Unis a pompé des trillions de dollars de réserves, mais jamais tant de réserves n'ont produit une si faible une croissance monétaire. Ni les faucons ni les colombes (ni personne d'autre) ne s'y attendait.

Les monétaristes insistent sur le fait que les économies subissent l'inflation quand la croissance de la masse monétaire excède de façon continue la croissance de la masse monétaire. Comme cela ne s'était pas encore produit, l'inflation a donc été reportée.

Au lieu de rejeter la théorie et l'histoire monétaires, l'armée des devins de Wall Street aurait dû accorder moins d'importance aux communiqués de presse de la Réserve fédérale et se poser ces deux questions : Est-il pertinent de fouler aux pieds des siècles d'expérience ? Sommes-nous vraiment si assurés que la Fed ait trouvé une nouvelle méthode ?