Un chemin vers le succès semé d’embûches pour Obama en Syrie

NEW YORK – Selon moi, si votre diplomatie est critiquée de toutes parts, par les colombes comme par les aigles, par les internationalistes comme par les isolationnistes, c’est que vous devez être dans le vrai. Dans l’avalanche de commentaires concernant l’accord américano-russe sur les armes chimiques en Syrie, peu en qualifient l’issue de « gagnante-gagnante-gagnante » pour les Etats-Unis, la Russie, et le peuple syrien. Mais c’est pourtant bien le cas, du moins jusqu’à présent. Le président Barack Obama et son équipe, en dépit de certaines maladresses, méritent une grande part de ce mérite.

La liste des griefs contre Obama par rapport à la Syrie est longue. On reproche aux Etats-Unis de n’avoir entrepris aucune action décisive tandis que 100 000 Syriens mourraient, et de n’avoir aucune stratégie pour mettre fin au conflit. Obama avait créé des attentes dans l’hypothèse où des armes chimiques seraient utilisées, mais n’a rien fait le moment venu. Puis, lorsque une réponse s’est avérée impérative, il a menacé d’entreprendre une action militaire à la fois trop forte et trop faible. Il a d’abord accordé trop peu d’attention, puis une attention excessive à ses opposants à l’intervention aux Etats-Unis. Et surtout, il a permis à un Kremlin toujours aussi cynique de prendre diplomatiquement le pas sur lui.

Mais penchons-nous sur les contraintes. Jusqu’à ce que survienne la question des armes chimiques, à aucun moment dans cette crise l’intervention militaire américaine sous quelque forme que ce soit n’a paru pouvoir sauver plus de vies qu’elle en aurait coûté. L’influence croissante des djihadistes dans le rang des rebelles a rendu indéfendable un soutien pour une victoire catégorique de l’opposition. Il n’y avait tout simplement pas de preuves suffisamment tangibles de l’utilisation d’armes chimiques par le président syrien Bashar al-Assad, du moins avant le massacre de Ghouta en août dernier, pour faire pression sur la Russie – que ce soit au Conseil de sécurité de l’ONU ou dans l’opinion publique globale – afin qu’elle reconsidère son soutien reflexe au régime.

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