Paul Lachine

Les limites de la diplomatie par Twitter

DENVER – La gouvernance américaine du XXe siècle a produit les Dean Acheson, Henry Kissinger, Richard Holbrooke et les nombreux autres diplomates qui ont cherché à équilibrer la puissance des Etats-Unis et leur responsabilité dans le développement de relations essentielles, la résolution de problèmes et la mise en place d’institutions internationales. La gouvernance du XXI e siècle, nous dit-on sans cesse, aura une plus grande portée et donnera plus de résultats, parce que les diplomates américains – et ceux d’autres pays – peuvent aujourd’hui utiliser Twitter, Facebook et d’autres réseaux sociaux.

Compte tenu de l’ampleur des problèmes internationaux actuels, la diplomatie se doit d’associer l’ancienne action de l’État du XX e siècle aux nouveaux outils que fournissent les technologies naissantes. Mais les outils seuls ne peuvent rien résoudre ou construire.

Et pourtant, ces nouveaux outils sont omniprésents. Il est rare de trouver un ambassadeur américain, dans quelque partie du monde que ce soit, qui n’ait pas relevé le défi de la maîtrise de ces technologies de la communication. La plupart d’entre eux ont un compte Twitter ou Facebook, ou publient des messages sur YouTube, de façon à informer le public des pays où ils sont en poste (et le public américain) de leurs activités quotidiennes, voir de leur avis sur une question donnée ou de leur humeur. Le département d’État américain estime que ses employés sont en communication directe avec plus de 15 millions de personnes dans le monde. De manière assez incroyable, plus de 330.000 personnes « aiment » la page Facebook impersonnelle du département.

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