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Le problème de cash-flow d’Apple

CAMBRIDGE – J'ai récemment examiné le problème du court-termisme des entreprises selon deux points de vue non habituels. Le premier était de se rendre compte qu’un certain degré de court-termisme peut être judicieux. Les grandes entreprises font face à un environnement économique, technologique et politique de plus en plus instable – de par l’augmentation de la globalisation et de la concurrence sur les marchés, le potentiel plus important des changements technologiques à modifier l’environnement économique dans lequel évoluent les entreprises et l'influence croissante des gouvernements sur ce qui a un sens commercial. Dans cet environnement instable, les grandes entreprises doivent faire preuve de prudence avant de prendre des engagements importants et à long terme.

Deuxièmement, j'ai décrit comment de nouvelles données pourraient suggérer l’existence de problèmes de mesure concernant la sagesse conventionnelle selon laquelle l’accélération des échanges sur les marchés financiers rend ces derniers plus orientés vers le court terme que jamais. Les partisans de ce point de vue mettent en évidence les échanges effrénés à New York et à Londres, et la diminution au cours des dernières décennies de la durée moyenne de détention des principales actions. En fait, le changement pourrait être causé par une minorité de transactions rapides, et non par une diminution de la durée de détention par les actionnaires principaux. En effet, la période de détention moyenne pour le noyau dur des actionnaires américains, comme Fidelity et Vanguard, a augmenté au cours des dernières décennies. (J'examine ces questions plus en profondeur dans un article plus long à paraître prochainement).

L'activisme des actionnaires autour d'Apple met en évidence l'importance et la controverse autour du problème du court terme. Apple a connu un succès spectaculaire au cours de la dernière décennie. Ses produits, des iPhones aux iPads en passant par les MacBooks, ont capturé l'imagination des consommateurs, redéfini les marchés et valu à l'entreprise et à ses actionnaires d'énormes sommes d'argent. La capitalisation boursière d'Apple a grimpé en flèche, pour devenir la première entreprise à un billion de dollars.

Avec l’augmentation de ses profits, Apple a accumulé 137 milliards de dollars en cash, selon un décompte récent – plus que ce que la compagnie peut utiliser de manière profitable (au moins pour l'instant) dans ses opérations. Ainsi, la société a sagement laissé son argent investi dans des comptes financiers mondiaux, au lieu d’opérations commerciales. Pendant ce temps, ses produits qui connaissent un succès extraordinaire génèrent encore plus d'argent à manipuler et à stocker.