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Qui est responsable de la crise des réfugiés ?

DENVER – Les images de réfugiés désespérés tentant à tous prix de passer malgré les obstacles – dont des clôtures de fil de fer barbelés érigées à la hâte, des gardes-frontières hargneux et des habitants en colère – rappellent les heures les plus sombres de l’Europe. Elles sont un rappel brutal de l’impossibilité pour l’Europe d’être « unie, libre et en paix » tant que ses pays voisins du Moyen-Orient ne le sont pas. Néanmoins, la condamnation généralisée des pays européens qui ont refusé d’accepter des réfugiés n’est pas entièrement justifiée.

Les réfugiés sont la conséquence inévitable de la guerre ; en fait, il y a rarement eu de guerre sans civils tentant de fuir le carnage. Mais quelles sont les causes de la guerre ? Dans certains cas, elle découle de la volonté extérieure d’imposer un changement de régime. Après tout, les régimes faisant l’objet de tels desseins sont le plus souvent brutaux et n’abandonnent pas volontairement la partie.

Cet enchaînement inexorable n’a nulle part été plus évident qu’en Syrie. Le président Bachar el-Assad, de la minorité ethnique et religieuse alaouite, est depuis des années à la tête d’une dictature brutale qui n’a jamais fait la moindre concession à ceux qui demandaient des réformes démocratiques, ni accordé le moindre espace au sein du système politique à ceux qui avait une conception moins sectaire du gouvernement.

En fait, Bachar a pris le relais de son père et prédécesseur, Hafez el- Assad, qui a accédé à la présidence à la suite d’un coup d’État en 1971. Assad père a exercé le pouvoir de manière encore plus brutale, si c’est possible, que son fils, comme peuvent en témoigner les survivants du massacre de Hama, lié à la répression de l’insurrection des Frères musulmans syriens de 1982.