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Qu’est-il arrivé à la volatilité du marché ?

La télévision et les journaux continuent de faire grand cas des rebondissements sur les marchés financiers internationaux. Pourtant, ce qui est vraiment frappant, c’est le calme inquiétant dans lequel ont sombré quasiment tous les principaux types d’actifs, des actions aux obligations. Le monde des investisseurs serait-il sous Prozac ?

Les théories du complot ne manquent pas, surtout parmi les spéculateurs, pour qui la volatilité est comme le vent pour les marins. Ils sont convaincus que tant que les marchés évoluent, dans un sens ou un autre, ils peuvent gagner de l’argent. Et puisque nous autres n’avons ni le temps, ni les informations, ni les compétences nécessaires pour leur tenir tête, c’est généralement ce qui se passe. Mais sur un marché assoupi, la récolte est maigre.

Leurs bêtes noires aujourd’hui sont les gigantesques investisseurs publics, en particulier les banques centrales asiatiques, avec leurs billions de dollars en actifs. Ces fonds exceptionnels, dont les gestionnaires ne partagent pas nécessairement la passion du gain des investisseurs privés, seraient responsables du manque de versatilité des taux d’intérêt et des taux de change. “ Les grandes banques centrales asiatiques nous oppressent ! ” m’a confié récemment un jeune trader .

La situation était bien différente il y a dix ans. Dans les années 1990, les investisseurs privés considéraient les grandes banques centrales, de pesantes institutions, comme des vaches à lait, à la fois très riches et peu perspicaces en affaires. George Soros parvint ainsi à soutirer un milliard de dollars à la Banque d’Angleterre en moins d’une heure, grâce à une stratégie classique : miser contre une banque centrale qui essaye de défendre une politique macroéconomique incohérente.