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A quoi tient l’échec de la Norvège ?

PARIS – Le Japon en mars 2011 et la Norvège en juillet 2011 : toute comparaison entre la folie de la nature et la pure folie d’un homme en Norvège pourrait sembler artificielle. Et pourtant, confrontés à leurs tragédies respectives, le Japon et la Norvège ont démontré une combinaison très similaire de qualités et de défauts.

Dans les deux pays, la société civile a réagi de manière remarquable aux événements, en faisant preuve d’unité, de dignité et par une réaffirmation de la cohésion nationale. Mais alors que les citoyens des deux pays sont sortis de l’épreuve plus confiants en eux-mêmes et en leurs valeurs fondamentales, il est clair que les autorités nationales de sécurité ne se sont pas montrées à la hauteur. Il est donc possible que les Japonais et les Norvégiens se montrent plus critiques – à juste titre – de leurs bureaucraties respectives. Saluons ces peuples, qui ont dû suppléer par leur ingéniosité aux capacités organisationnelles de ceux qui étaient censés les protéger.

Il ne faudrait bien sûr pas pousser plus loin cette comparaison. Fukushima incarnera pour toujours la singularité de l’énergie nucléaire : tant que les centrales fonctionnent sans problème, elle est meilleur marché et plus propre que la plupart des alternatives. Mais contrairement aux autres sources d’énergie, quand un problème se pose, les conséquences sont catastrophiques.

La leçon de la tragédie en Norvège est par contre que les mots peuvent tuer, et que l’idéologie d’extrême-droite (peut-être associée à une dépendance aux jeux vidéo violents) peut avoir des conséquences terribles. Imaginons seulement ce qui pourrait arriver si un fou habité par une idéologie extrémiste disposait d’une arme nucléaire.