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Le Vénézuéla, royaume du crime

WASHINGTON -ampnbsp; Le récent kidnapping de Carlos Pujalte, l'ambassadeur du Mexique au Vénézuéla, illustre de manière peu flatteuse l'insécurité croissante dans ceampnbsp; pays. D'autres diplomates en poste dans la capitale, Caracas, ont subi un sort analogue l'année dernière.

Depuis quelques années la criminalité augmente davantage au Vénézuéla que dans tout autre pays d'Amérique latine. En 1998, l'année où le président Chavez a été élu pour la première fois, on recensait 4550 homicides. En 2011, ce nombre a fait un bond spectaculaireampnbsp;: 19336 meurtres - un chiffre étonnant qui dépasse le nombre total d'homicides commis aux USA et dans l'UE.

Avec un taux d'homicides de 67 pour 100ampnbsp;000 habitants, le Vénézuéla n'est dépassé que par le Honduras et le Salvador. La situation est tout spécialement grave à Caracas qui est devenue probablement la ville la plus dangereuse de la planète. Le taux d'homicides, 210 pour 100ampnbsp;000 habitants, y dépasse maintenant celui de Ciudad Juarez, la ville mexicaine où la guerre de la drogue fait des ravages. La montée spectaculaire de l'insécurité au Vénézuéla sert d'avertissement quant aux limites des explications toutes faites, des solutions faciles et des prévisions en matière de criminalité.

On explique souvent l'importance de la criminalité en Amérique latine par les inégalités de revenus, avec essentiellement à titre de solution un meilleur développement humain. Cette idée ne surgit pas du néant, car il y a presque partout dans le monde une forte corrélation entre criminalité et inégalité.