5

Des sanctions et des risques que pourrait courir le dollar

CAMBRIDGE – Comment les États-Unis peuvent-ils répondre aux attaques informatiques de puissances étrangères ou de groupes parrainés par celles-ci ? La question s’est posée au président Barack Obama après qu’on a affirmé que des pirates russes s’était invités dans le récent cycle électoral. Mais il ne s’agit pas seulement de la Russie et d’Obama. Le président élu, Donald Trump, sera confronté au même problème. Et les choix qui s’offrent à lui ne sont pas non plus très enthousiasmants.

Mettre au pilori n’est guère satisfaisant, car les pirates informatiques sont assez insensibles à la stigmatisation. De la même façon, les poursuites judiciaires – une mesure qui fut prise contre des pirates chinois – ne mèneront probablement à aucune comparution devant un tribunal. Le vice-président des États-Unis Joseph Biden a mis sur la table une possible contre-attaque contre les réseaux informatiques russes, mais c’est risquer l’escalade, et céder sur le terrain de la morale.

Les sanctions économiques peuvent sembler une manière simple et peu onéreuse de marquer sa désapprobation à l’égard des actions de piratage informatique lancées depuis l’étranger. Pour ce qui concerne la Russie, les sanctions existantes contre les principales banques russes et contre les plus proches associés du président russe Vladimir Poutine pourraient être renforcées. Mais un recours trop fréquent aux sanctions pourrait être lourd de conséquences et amoindrir en fin de compte le rôle joué par le dollar dans l’économie mondiale.

Les deux tiers des réserves de change mondiales sont en dollars. Et le dollar participe à 88% des opérations de change dans le monde. Ainsi l’Amérique n’a-t-elle pas d’instrument de sanction plus puissant que sa capacité à bloquer les transactions en dollars d’une banque se livrant à des opérations illicites ou délictueuses.  Mais chaque fois que les États-Unis renforcent leurs sanctions contre un autre pays, ils courent le risque de porter atteinte au statut du dollar comme principale monnaie de réserve, ce qui pourrait aussi avoir pour effet d’amoindrir l’efficacité des sanctions.