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Les États-Unis restent incontournables

BERLIN – En sus d’une pandémie, cette décennie est déjà assombrie par la résurgence de la rivalité entre grandes puissances, une évolution particulièrement menaçante pour la paix dans le monde. Trois guerres mondiales – deux « chaudes » et une froide – au cours du XXe siècle ont mis en évidence les dangers d’une concurrence géopolitique avec des enjeux majeurs.

Pour de nombreux observateurs, l’époque de la confrontation entre grandes puissances semblait avoir définitivement pris fin avec l’effondrement de l’Union soviétique. Mais cette conjecture s’est révélée être l’une des plus graves erreurs de l’après-guerre froide (une période riche en méprises et gaffes monumentales). La présomption d’un empire mondial régi par les États-Unis rêvée par l’élite politique américaine – d’une ère véritablement unilatérale de l’histoire mondiale – s’est avérée être une chimère. Tout comme la « paix éternelle » à laquelle s’attendait les Européens après la « fin de l’histoire » en 1989, lorsque la démocratie libérale occidentale et l’économie de marché étaient censées l’emporter sur toutes les autres options.

Bien au contraire, les décennies suivant la fin de la guerre froide ont été marquées par une érosion de l’ordre international. En tant que dernière superpuissance, les États-Unis se sont épuisés dans des guerres dénuées de sens en Mésopotamie et dans l’Hindou Kouch et se sont depuis lors repliés sur eux-mêmes.

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