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Prochaine étape diplomatique en matière nucléaire

DENVER – La récolte des fruits diplomatiques de l’accord conclu l’été dernier autour du programme nucléaire iranien a d’ores et déjà commencé. À la dérive dans les eaux territoriales iraniennes ce mois-ci – événement qui aurait sans doute provoqué une crise il y a tout juste un an – les soldats de deux navires de l’US Navy n’ont en effet été détenu que brièvement par les Iraniens. Au cours de la même semaine, l’Iran a également libéré cinq prisonniers américains, procédé à des exportations d’uranium enrichi dans le respect de l’accord nucléaire, et refait son entrée sur les marchés pétroliers mondiaux.

Beaucoup reste à accomplir dans le cadre des relations avec l’Iran – non seulement dans le contrôle du respect de l’accord, mais également dans une démarche consistant à encourager les dirigeants du pays à revoir leur approche régionale, notamment en améliorant leurs relations avec les arabes sunnites, en premier lieu desquels les Saoudiens. Pour autant, l’Iran a clairement fait preuve d’un geste prometteur de coopération qui, en dépit des risques, vaut la peine d’être entretenu.

L’Iran n’est malheureusement pas le seul pays potentiellement instable à nourrir des ambitions nucléaires. Elle aussi prétendante au statut d’État nucléaire, la Corée du Nord se montre peu intéressée par la négociation d’un accord. Au contraire, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un semble exhorter ses scientifiques et ingénieurs à accélérer le développement d’armements nucléaires. La tentation consistant à intimider le monde entier semble en effet trop irrésistible, même si cela doit signifier pour les Nord-Coréens la persistance d’un isolement beaucoup moins jouissif.

Bien que la Corée du Nord ne dispose pas encore officiellement de l’arme atomique, cela pourrait bientôt être le cas si ses programmes de recherche et développement conservent leur intensité actuelle. Il semble d’ailleurs que le pays ait procédé le 6 janvier à un essai nucléaire réussi. Bien qu’il ne s’agisse probablement pas d’une bombe à hydrogène, comme l’ont affirmé les médias nord-coréens, l’engin testé – sans doute une bombe à fission – disposait d’une puissance explosive plus que suffisante pour constituer une menace sérieuse.