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Comprendre les désastres au Japon

NEWPORT BEACH – En cherchant à évaluer les retombées économiques et financières de la catastrophe actuelle au Japon, il est tentant de se référer à des analogies historiques comme repères. En fait, plusieurs analystes citent les conséquences du terrible tremblement de terre de Kobe en 1995. Mais même si cet exemple donne quelques pistes, il est trop limité pour apprécier ce que le Japon devra affronter et s’y fier risque d’entraîner une sous-évaluation des réponses à donner à la catastrophe, au Japon et dans le reste du monde.

Commençons par comparer la tragédie actuelle et celle de 1995. Dans les deux cas, des séismes de très forte magnitude ont provoqué de nombreuses victimes et des dégâts matériels à grande échelle. Les deux ont obligé le gouvernement  japonais à faire preuve d’ingéniosité dans ses opérations de secours. Dans les deux cas, les pays amis et alliés du Japon ont offert de lui venir en aide, et dans les deux cas encore, la destruction des infrastructures a entraîné des perturbations de la vie économique.

Il existe également des similitudes dans les perspectives d’avenir. Comme à la suite du séisme de Kobe, les efforts déployés pour retrouver des survivants seront suivis d’un énorme programme de reconstruction. Des allocations budgétaires très importantes seront affectées à cette fin (2 pour cent du PIB dans le cas de Kobe). Les foyers touchés par la catastrophe bénéficieront d’une aide financière pour tenter de renouer avec la normalité. Les routes, les logements et la plupart des autres infrastructures seront réparées et améliorées.

Ces similitudes ont amené plusieurs économistes à avancer des prévisions liminaires sur les conséquences économiques de la catastrophe pour le Japon et le reste du monde, en tablant principalement sur une nette reprise en V du taux de croissance du Japon en 2011, soit un ralentissement suivi d’une hausse marquée de l’activité économique, entraînant un rétablissement rapide de la fiscalité et du PIB du Japon. Ces prévisions invitent les décisionnaires de pays autres que le Japon à faire preuve de prudence et à ne pas immédiatement inclure la situation japonaise dans leurs perspectives. Les responsables devraient considérer ses effets sur l’économie mondiale comme transitoires – c’est-à-dire comme temporaires et réversibles – et voir au-delà de ces effets en arrêtant leurs orientations.