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L'avenir d'une Europe à deux vitesses

PARIS – Depuis trois ans, la crise de l'euro menace non seulement de faire échouer la zone euro, mais d'entraîner toute l'Union européenne dans sa chute. Bien que la pression des marchés financiers se soit atténuée, pour l'instant une résolution à long terme de la crise demeure une priorité existentielle pour l'UE.

Dans l'économie mondiale très concurrentielle d'aujourd'hui, la relative petite taille des pays européens, les populations vieillissantes et l'endettement excessif, combinés à un manque de ressources énergétiques et à l'investissement insuffisant dans la recherche et le développement, signifient que les niveaux de vie élevés et la générosité en aide sociale des Etats sont en péril. Individuellement, ils ne peuvent pas rivaliser avec les marchés émergents, ils ont besoin d'une UE forte pour relever les défis de la mondialisation.

Mais l'architecture de la zone euro (dont la politique monétaire est centralisée, mais dont les politiques budgétaires et économiques dépendent de différents gouvernements) n'est pas viable à long terme. Bien que les dirigeants européens aient fait des progrès sur les réformes institutionnelles, les mesures prises jusqu'à présent ne conduiront pas à une réelle convergence des politiques économiques et budgétaires, ni à une véritable union économique. En conséquence, ils ne parviennent pas à rassurer les marchés financiers.

Etant donné qu'un changement de traité est politiquement infaisable, établir une « Europe à deux vitesses » (par le fait qu'un groupe de pays du cœur de l'Europe poursuit une intégration plus rapidement que les autres) est la meilleure option pour que l'UE atteigne le niveau de coopération requis pour sortir intacte de la crise. Ceci peut s'accomplir de deux manières.