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Les raisons pour lesquelles la Turquie ne se dotera pas de l’arme nucléaire

ISTANBUL – Selon les idées reçues, si l’Iran développe l’arme nucléaire, l’Arabie saoudite, la Turquie et possiblement l’Égypte tenteront de le faire également. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou est allé plus loin en s’adressant au Congrès américain début mars, en disant que le simple fait de permettre à l’Iran de poursuivre son programme d’enrichissement d’uranium « lancerait une course aux armements nucléaire dans la région la plus dangereuse de la planète ».

Chacun de ces dominos nucléaires potentiels doit être analysé avec soin et séparément. Et en ce qui concerne la Turquie, les idées reçues semblent être essentiellement fausses.

La Turquie a bien un programme nucléaire naissant. Après des décennies de faux départs, le gouvernement turc a signé un contrat avec la Russie portant sur la construction et l’exploitation de la première centrale nucléaire du pays. Cette centrale, située sur les bords de la Méditerranée, est en cours de construction.

Les tentatives faites par le gouvernement turc pour obtenir des offres de la part d’autres compagnies internationales ont été compliquées par le fait que les conditions accordées par la Russie sont nettement plus généreuses que celles de ses concurrents. La Turquie a néanmoins négocié un contrat avec un consortium franco-japonais pour la construction d’une seconde centrale nucléaire, sise sur les rives de la mer Noire.