JIM WATSON/AFP/Getty Images

La Maison-Blanche du mensonge

CAMBRIDGE (MASS.) – Le 1er juin de cette année, le président des États-Unis Donald Trump s’était livré à 3 259 affirmations fausses ou mensongères, selon la base de données de vérification factuelle du Washington Post, qui enregistre et classe chaque déclaration douteuse formulée par le président. La moyenne est donc de 6,5 affirmations fausses par jour, en hausse par rapport à celle des cent premiers jours de son mandat, qui n’était que de 4,9 – elle a atteint son pic en mai, avec huit mensonges quotidiens. 

Les partisans de Trump justifient cette propension au mensonge en assurant que « tous les politiciens mentent ». Il est certain qu’ils mentent, et force nous est d’admettre, après une courte introspection, que tous les humains en font autant. Mais le degré et le nombre des mensonges comptent aussi. En trop grand nombre, les mensonges dévaluent la confiance.

D’autres mensonges présidentiels ont servi des buts plus élevés. En certaines circonstances, les historiens ont même applaudi à la décision d’un président de tromper l’opinion pour faire triompher ce qu’il considérait comme un plus grand bien ou un bien ultérieur. John F. Kennedy l’a trompée sur le rôle joué par l’évacuation des missiles américains de Turquie dans l’accord qui mit un terme à la crise des missiles de Cuba, en 1962, mais leur intérêt s’en trouvait sans aucun doute mieux assuré que si le risque très élevé de guerre nucléaire avait perduré.

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