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trump auto tariffs Andreas Gebert/Getty Images

Le bourbier protectionniste de Trump

WASHINGTON, DC – Après la Seconde guerre mondiale, les États-Unis ont été le principal architecte des initiatives de réduction des obstacles protectionnistes et de la mise en place d’un système commercial de libre-échange basé sur des règles. Ces efforts se sont traduits par un demi siècle de la croissance économique la plus rapide de l’histoire humaine. L’administration du président américain Donald Trump a aujourd’hui entrepris d’inverser ce processus. Les mesures protectionnistes décrétées par Trump sont contagieuses et se propageront sans doute bien au-delà des industries qu’il souhaite mettre à l’abri de la concurrence étrangère.

Prenons par exemple les importations d’acier, qui par décision de l’administration américaine sont taxées à hauteur de 25% depuis le mois de mars. La raison invoquée pour l’imposition de ces tarifs douaniers est la « sécurité nationale », même si l’industrie américaine de la Défense ne représente que 3% de la consommation d’acier des États-Unis. Si Trump était réellement préoccupé par la sécurité nationale, on ne peut que se demander pourquoi les États-Unis ne conservent pas le minerai de fer dans le sol comme réserve stratégique pour d’éventuelles hostilités futures. De toute façon, les droits de douane ont également été imposés à des alliés des États-Unis, comme le Canada, ce qui invalide une fois pour toute l’argument des intérêts sécuritaires. Dans le cas de pays rivaux comme la Chine, les importations d’acier étaient déjà soumises à des tarifs douaniers pouvant atteindre 70% et l’acier chinois ne représente de toute façon que 2% des importations américaines.

Les barrières tarifaires américaines à l’importation s’appliquent aujourd’hui à 59 formes d’acier différentes. Si une entreprise américaine ne trouve pas les produits sidérurgiques d’origine nationale dont elle a besoin, elle doit soit payer la taxe imposée, soit demander une exemption. Dans ce dernier cas, elle doit indiquer la quantité et la qualité de l’acier nécessaire, sa composition chimique, les dimensions du produit (des tubes ou des plaques, par exemple) et d’autres spécifications. Et elle doit faire une demande séparée pour chaque type d’acier, même si la seule différence concerne les dimensions du produit. Et enfin, elle doit prouver, pour chaque demande, qu’elle n’a pas été en mesure de s’approvisionner sur le marché américain.

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