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Trump et le chaudron moyen-oriental

DENVER – L’examen méthodique des politiques menées par le précédent gouvernement constitue l’un des passages obligés de toute transition aux États-Unis. Il s’agit en effet de déterminer quelles politiques doivent être poursuivies, quelles doivent être abandonnées ou modifiées. Tandis qu’approche sa prise de fonction, le président élu, Donald Trump, semble impatient de réaliser de nombreux changements – certains auront des effets plus positifs que d’autres.

Le cas de certaines politiques apparaît réglé d’avance. Ainsi le destin du Partenariat transpacifique (Trans-Pacific Partnership – TPP), qui regroupe douze pays, semble-t-il déjà scellé, puisque Trump a publiquement affirmé qu’il enterrerait l’accord – signé, mais non ratifié par le Sénat américain – dès le premier jour de son mandat. C’est malheureux, car le TPP aurait révolutionné les droits de propriété intellectuelle et permis d’atteindre des niveaux sans précédent de transparence, tout en baissant les barrières douanières et non douanières. Il est peu probable que Trump change d’avis.

Dans un autre domaine crucial de la politique étrangère, pourtant, les nouvelles orientations de la prochaine administration seraient les bienvenues : le Moyen-Orient. Les limites montrées par les deux administrations précédentes, celle de George W. Bush et celle de Barack Obama, dans leur approche globale de la région, se sont traduites par l’incapacité des États-Unis à suivre le rythme des événements.

L’administration Obama, en particulier, a souvent hésité à affirmer son rôle, se projetant dans un futur où cette région du monde, qui, pour reprendre le mot de Winston Churchill sur les Balkans, produit plus d’histoire qu’elle n’en peut consommer, n’accaparerait plus l’attention des États-Unis. Obama n’en a pas moins compris la nécessité de maintenir sur l’Irak une position cohérente – ce que ses détracteurs refusent souvent de lui reconnaître.