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Trump, l’Iran et la stabilité au Moyen-Orient

MADRID – Il est regrettable que si peu d’accords internationaux aient été conclus ces dernières années. Dans une période où la compétition entre grandes puissances a généralement eu raison de la coopération, deux exceptions notables – l’accord avec l’Iran sur le nucléaire et l’accord de Paris sur le climat – ont laissé espérer que des réponses multilatérales aux défis mondiaux, dûment traduites en langage diplomatique, étaient encore possibles.

Mais aujourd’hui Donald Trump menace de revenir sur ces deux accords, et son élection à la présidence des États-Unis a montré leur fragilité. Si les États-Unis se retirent de l’un ou de l’autre traité, ou négligent de les observer, ils porteront un rude coup au système mondial de gouvernance qui s’appuie sur des accords multilatéraux pour résoudre les problèmes internationaux.

Pour comprendre ce qui est en jeu, considérons le Plan d’action global conjoint entre l’Iran et le groupe E3/UE+3 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, plus l’Allemagne et l’Union européenne). Le premier anniversaire du PAGC a coïncidé, à quelques jours près, avec l’investiture de Trump ; il est donc opportun de se pencher sur sa genèse – et de rappeler ce qui pourrait arriver s’il est dénoncé.

Les premiers contacts pris avec l’Iran par les Européens sur la question nucléaire remontent à l’année 2003 ; les négociations furent menées avec Hassan Rohani, qui était alors secrétaire du Conseil de la sécurité nationale iranien. Les deux parties étaient même parvenues à un accord en 2004, mais qui ne tint pas. En 2005, l’élection de Mahmoud Ahmadinejad à la présidence de l’Iran marqua un renversement. Si les négociations se poursuivirent officiellement, peu de progrès furent réalisées. Pendant ce temps, le programme nucléaire iranien avançait rapidement, malgré les lourdes sanctions économiques dont souffrait la population.