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Trump l'imprévisible et le système monétaire international

HONG KONG – Il est difficile de prédire ce que fera Donald Trump en janvier, une fois installé à la Maison Blanche. Mais il est presque sûr qu'il diminuera les impôts et augmentera les dépenses d'infrastructures. C'est pourquoi les marchés financiers anticipent une accélération de la croissance aux USA – ce qui fait monter la valeur du dollar par rapport à la plupart des autres devises, dont le yuan chinois, et déclanche une fuite des capitaux des pays émergents.

Que Trump taxe ou pas les produits chinois, une hausse du dollar réduira la compétitivité des produits américains. Or selon le FMI, en juin le dollar était déjà surévalué de 10% à 20%.

Ce n'est pas tout. Le commerce était considéré comme le principal facteur qui régit les taux de change qui sont sensés évoluer de manière à corriger les déséquilibres extérieurs d'un pays. Or depuis quelques années les flux de capitaux ont augmenté au point de peser bien davantage que le commerce sur les taux de change. Dans ce contexte, l'optimisme des marchés quant à la croissance américaine pourrait conduire à des déséquilibres toujours plus grands et peut-être même perturber le système monétaire international.

En 2010, Mervy King, un ancien gouverneur de la Banque d'Angleterre, a eu un certain succès en utilisant le jeu du Sudoku à titre de métaphore pour décrire les déséquilibres mondiaux en matière d'épargne, soulignant que les chiffres sur la grille ne peuvent être choisis indépendamment les uns des autres. Si par exemple tous les pays veulent parvenir au plein emploi, tandis que les pays à taux d'épargne élevé visent à un excédent commercial, les pays à taux d'épargne faible ne peuvent diminuer leur déficit commercial. Aussi, quand Ben Bernanke, l'ancien président de la Réserve fédérale américaine (Fed), a fait porter la responsabilité de la perte de contrôle monétaire des USA aux pays en excédent d'épargne, il a marqué un point – au moins en ce qui concerne les flux commerciaux.