11

Vers une prise de conscience du président Trump ?

OXFORD – Au cours des trois dernières semaines, la communauté internationale a assisté à de stupéfiantes inversions de rôles en matière de gouvernance mondiale. Les États-Unis, pendant longtemps les principaux artisans de la coopération internationale, ont commencé à faire l’apologie de l’unilatéralisme, suscitant de profondes inquiétudes dans plusieurs pays. De son côté, la Chine, longtemps réticente au sujet du multilatéralisme, s’est engagée à défendre – voire à prendre la tête – de la coopération internationale.

Depuis son investiture en janvier dernier, le président américain Donald Trump s’est activement employé à démolir le rôle des États-Unis dans le monde. Il a signé l’acte de retrait américain du Partenariat transpacifique et redessiné les paramètres des négociations sur le conflit israélo-palestinien. En ce qui concerne la Chine, il a non seulement menacé de lui imposer des droits de douane, mais également évoqué la possibilité, sur laquelle il est depuis revenu, de ne pas se conformer au principe de la « Chine unique » que ses prédécesseurs, républicains comme démocrates, ont respecté depuis des décennies.

Trump a également signé des décrets interdisant l’entrée sur le sol américain des ressortissants de sept pays à majorité musulmane et en vue de la construction d’un mur sur la frontière avec le Mexique, entre autres mesures. Et son administration a préparé d’autres décrets qui visent à réduire ou à supprimer le financement de plusieurs organisations internationales et qui prévoient le retrait éventuel des États-Unis de certains traités multilatéraux.

La rhétorique et la position du président chinois Xi Jinping contrastent fortement avec celles de Trump. Lors de la réunion du Forum économique mondial à Davos, Suisse, le moi dernier, il a affirmé que le multilatéralisme était le pilier de notre avenir commun. Dans une déclaration qui visait apparemment les États-Unis, il a poursuivi en disant : « Nous devons honorer nos promesses et respecter les règles. Personne ne peut sélectionner ou interpréter les règles à sa guise ». Il a encore plus vivement critiqué l’idée de renoncer à l’Accord de Paris sur le climat – comme Trump se propose de le faire.