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Les défis du Partenariat transpacifique

WASHINGTON, DC – Le Congrès des États-Unis a désormais conféré au président Barack Obama la fameuse autorité de négociation dite « fast track » lui permettant de conclure le Partenariat transpacifique (TPP), proposition d’accord méga-régional de libre-échange entre les États-Unis et 11 autres pays. Cette victoire d’Obama n’a cependant pas été facile : les membres de son propre parti démocrate se sont opposés en masse à cette autorité fast-track, qui contraint le Congrès à ne pouvoir formuler qu’un vote unique, favorable ou défavorable, autour d’accords commerciaux finalisés, et par conséquent sans possibilité d’amendement. Ce mécanisme accéléré, officiellement connu sous le nom d’Autorité de promotion du commerce, n’a été possible qu’en raison d’un rare soutien en faveur d’Obama de la part de la majorité républicaine à la Chambre des représentants et au Sénat. 

Les Démocrates formulent toutefois un argument de poids. Ils exigent en effet de l’administration Obama qu’elle veille à ce que le TPP fasse notamment intervenir des normes internationales clés en matière de droit du travail pour tous les participants, un haut niveau de protection environnementale, ainsi qu’un accès abordable aux médicaments. Si l’administration tient compte de ces exigences tout à fait raisonnables, l’accord final pourra alors mobiliser un important soutien bipartisan. En revanche, si elle choisit d’ignorer ces requêtes, l’accord définitif présentera une polarisation bien supérieure – et ne pourra réunir qu’une faible adhésion des Démocrates au Congrès.

Bien qu’Obama ait promis que le TPP se distingue comme l’accord commercial le plus progressiste de l’histoire, ce qui apparaît concevable, le voile de confidentialité entourant la quasi-totalité des modalités liées aux négociations complique l’analyse des revendications et contre-arguments sur ce sujet. Une fois l’accord conclu, l’ensemble des détails seront toutefois communiqués, excluant alors toute possibilité de secret.

Un certain nombre de points de repère tout à fait clairs, spécifiques et bien pensés ont par ailleurs été fixés par les Démocrates du Congrès. En réalité, dans un accord conclu en mai 2007 entre les Démocrates de la Chambre des représentants et l’administration de l’ancien président George W. Bush, la quasi-totalité des principes clés sont d’ores et déjà énoncés de manière extrêmement détaillée.