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Une idéologie à combattre

LONDRES – L'enlèvement de plus de 240 écolières nigériennes a choqué toute la planète. Malheureusement ce n'est pas la première fois au Nigéria, ni même en Afrique. Or la motivation derrière tous ces enlèvements tient d'une idéologie commune, basée sur une interprétation fausse et pervertie de la religion.

Cette idéologie est enseignée à travers le monde dans des écoles reconnues officiellement ou pas. Certes, le discours odieux, voire dément, du dirigeant du groupe Boko Haram qui a kidnappé les écolières n'est représentatif que de la frange extrémiste de cette idéologie vénéneuse. Mais en attendant que nous ayons nettoyé le terreau qui lui donne naissance, elle continuera à détruire la vie de millions de jeunes gens à travers le monde - et à menacer leur sécurité.

Ce problème affecte maintenant une grande partie de l'Afrique sub-saharienne. Le Mali, le Tchad, la République centrafricaine, la Somalie, le Kenya et même l'Ethiopie ont souffert de l'extrémisme ou craignent qu'il ne les touche. Beaucoup d'autres pays considèrent maintenant que l'extrémisme est le problème majeur auquel ils sont confrontés. Nombre d'Etats y font face avec courage et détermination, notamment au moyen des forces africaines de maintien de la paix. Pourtant le problème continue à croître.

Ce n'est pas un hasard. Quand je suis devenu Premier ministre du Royaume-Uni en 1997, le Nigéria était l'exemple même d'une coopération fructueuse entre chrétiens et musulmans. L'idéologie meurtrière du Boko Haram n'appartient pas à la tradition du pays, elle est importée.