0

Vive le Brésil !

Les marchés mondiaux semblent snober le Brésil en ce moment. Ils se trompent probablement autant à propos du Brésil que les experts du foot se trompèrent au début de l'été à propos de l'équipe brésilienne. Quand la Coupe du monde commença, vous vous en souviendrez, l'équipe brésilienne était considérée comme douée mais imparfaite. Et pourtant, les Brésiliens sont une fois de plus devenus champions du monde. Le pays, lui aussi, pourrait se montrer tout aussi surprenant et tenace.

Ces dernières années, en fait, le Brésil a mis en place une démocratie intelligente accompagnée d'une économie forte. Il mérite la confiance des investisseurs tout comme celle des leaders politiques.

Comme dans toute démocratie intelligente, il existe des différences de points de vue. Les Américains ne sont pas tous enthousiastes envers leur président, M. Bush, passant de milliards de dollars de surplus à des déficits économiques, pas plus que la majorité n'accepte sa proposition de privatiser le système américain de sécurité sociale qui, aux États-Unis, a tant fait pour sortir les populations âgées de la pauvreté. Pour les questions clé de la démocratie brésilienne cependant, il existe un consensus politique large (qui n'est pas unanime, mais personne ne peut s'attendre à une telle chose) qui rassemble les principaux candidats à l'élection présidentielle brésilienne, prévue pour le mois d'octobre.

Le consensus porte, par exemple, sur des politiques fiscales et monétaires raisonnables : personne ne veut retomber dans l'hyper-inflation des décennies précédentes. La politique monétaire du Brésil a été gérée de main de maître par Arminio Fraga (un de mes anciens étudiants), soutenu par une institution forte, possédant des capacités d'analyse égales à celles d'une Banque centrale de pays industrialisé.