22

Mayday au Royaume-Uni

LONDON – Les conservateurs en faveur du Brexit – qui ont fait campagne pour que le Royaume-Uni vote de quitter l'Union européenne – continuent à parler à tort et à travers de la construction d'une Grande-Bretagne ouverte, tournée vers l'extérieur et ouverte commercialement. Or, le Royaume-Uni est en fait en train de se refermer sur lui-même. La Première ministre Theresa May, qui se présente elle-même comme la réponse du Royaume-Uni à Angela Merkel, est en passe d'avoir plus en commun avec Marine Le Pen, le leader du parti d’extrême-droite français Front National, qu'avec la Chancelière internationaliste de l'Allemagne.

May a exposé sa vision pour l'avenir de la Grande-Bretagne lors de la conférence du Parti conservateur ce mois-ci. Elle a promis de déclencher le processus de sortie officielle du Royaume-Uni avant la fin de mars 2017, et a déclaré que le contrôle national de l'immigration – et non pas la continué de l'adhésion au marché unique de l'UE – sera sa priorité dans les négociations à venir sur le « Brexit ». Cette position met le Royaume-Uni sur la bonne voie pour un « Brexit dur » d’ici à avril 2019.

Les gouvernements européens insistent à juste titre sur la liberté de mouvement en tant qu’un pilier central du marché unique, et le virage nativiste de May a déjà incité Merkel et d'autres dirigeants de l'UE, notamment le président français François Hollande, à prendre une ligne plus dure avec le Royaume-Uni.

La livre a dûment plongé sur les marchés des changes, anticipant le préjudice économique d'un Brexit dur: des barrières commerciales coûteuses – contrôles douaniers, exigences découlant des règles d'origine, droits d'importation et réglementation discriminatoire – diviseront les marchés du Royaume-Uni et de l'UE et affecteront près de la moitié du commerce britannique.