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L’Occident vacille

CHARLESTON, SOUTH CAROLINA – Au début de la crise financière, un important investisseur sur les marchés émergents m’avait déclaré : « ceci n’est pas une crise financière globale, mais semi-globale. » Il avait raison : il s’agissait véritablement d’une crise des Etats-Unis, de l’Europe et du Japon. Parmi les économies émergentes, seule l’Europe de l’est fut gravement touchée. En effet, la crise a marqué le renversement des plus grands pays occidentaux par les économies émergentes, avec d’énormes conséquences pour la répartition globale du pouvoir, de la finance, de la politique et de l’économie.

La crise de la dette souveraine de la zone euro semble avoir été la crise financière la plus mal gérée depuis le défaut de l’Argentine en 2001. Les leaders de l’Union Européenne et de la zone euro se sont sérieusement discrédités. L’Europe a besoin de changements institutionnels bien plus fondamentaux que tout ce dont il a été question jusqu’à présent.

Le Fonds Monétaire International n’a jamais mis en jeu une somme aussi importante dans un seul pays que ce qu’il a fait en Grèce. Par conséquent, le FMI, qui est le gardien d’une partie des réserves internationales détenues par les banques centrales du monde, risque de perdre des dizaines de milliards de dollars.

Est-ce une utilisation responsable de l’argent des contribuables internationaux ? Le FMI n’aurait-il pas imposé des conditions beaucoup plus sévères, et prêté moins, s’il s’eût agi de n’importe quel autre pays en-dehors de la zone euro ?