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Le non-débat des candidats américains

DENVER – Pour les non-initiés, spécialement les observateurs étrangers, l’élection présidentielle peut s’apparenter à une épopée épique dont les protagonistes traversent différentes épreuves pour assurer leur salut, et dans laquelle la couverture médiatique omniprésente résonne comme un chœur grec. Maintenant que se sont déroulées les conventions républicaines et démocrates, organisées spécialement pour la télévision, l’odyssée du président Barack Obama et de son opposant républicain, Mitt Romney, va se poursuivre avec trois débats en face à face programmés en octobre.

Le premier débat est programmé ici, à l’Université de Denver, le 3 octobre. Les deux candidats ont été critiqués (à raison) lors de leurs conventions respectives pour avoir tenté d’émouvoir leur public plutôt que de se confronter aux faits et aux programmes ; ce qui ne devrait pas être le cas au cours des prochains débats puisque les candidats seront face à face et tenteront de convaincre les électeurs.

Mais le 3 octobre ne sera que le début. Les candidats à la vice-présidence s’opposeront le 11 octobre, tandis qu’Obama et Romney se retrouveront le 16 octobre, puis une dernière fois le 22 octobre.

La politique étrangère a fait quelques incursions dans la campagne mais le débat final est supposé être consacré à ce sujet, ce qui permettra aux électeurs d’avoir une idée précise de la vision du monde de chacun des candidats. Obama s’est exprimé à plusieurs reprises durant sa présidence sur des sujets de politique étrangère (précédemment toutefois à la campagne actuelle), contrairement à Romney qui est resté assez discret dans ce domaine. Soucieux de se démarquer de l’héritage de la précédente administration républicaine, il ne cite jamais l’ancien président George W. Bush et évite de mentionner les deux guerres de la précédente décennie.