4

L’internationalisation du Conseil de sécurité

BRASILIA – La Charte des Nations Unies de 1945 représentait une percée historique dans la poursuite de la paix sur une base multilatérale. À la fin d’une guerre mondiale qui a fait plus de 50 millions de victimes, les États-Unis et l’Union soviétique sont devenus les deux principales puissances mondiales. La charte de l’ONU, négociée en premier lieu par les États-Unis, l’Union soviétique et le Royaume-Uni au cours de la Seconde Guerre mondiale, a établi un Conseil de sécurité constitué de cinq membres permanents, dont la France et la République de Chine.

À sa fondation, l’ONU rassemblait 51 pays; elle compte maintenant 193 états membres. Cependant, même si le Conseil de sécurité a été élargi en 1965 en accroissant le nombre de sièges non permanents de six à dix, les membres permanents sont les mêmes depuis 1945.

Le monde a connu depuis lors des transformations remarquables. En plus des conflits entre états et la prolifération des armements, en particulier les armes de destruction massive, de nouveaux défis se présentent, comme le terrorisme et l’entrée d’intervenants privés dans les conflits intérieurs. Entre-temps, la distribution dans le monde du pouvoir politique et économique a connu une reconfiguration de fond en comble, mettant la table pour l’émergence d’un ordre international multipolaire.

Dans un tel environnement, la composition figée du Conseil de sécurité impose des contraintes importantes sur la capacité de la communauté internationale à régler des problèmes internationaux. Les conflits s’éternisent sans des mesures adéquates de l’organisme créé pour les résoudre. Des milliers de civils meurent, sont déplacés, ou subissent d’horribles atteintes aux droits de la personne, tandis que le Conseil de sécurité se montre incapable ou peu enclin à agir. La réforme du Conseil est donc urgente et indispensable.