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Copenhague : Demi succès ou catastrophe ?

C'est en 1992 à Rio de Janeiro que fut signée par plus d'une centaine de nations la Convention Cadre des Nations Unies pour le Changement Climatique (CCNUCC). Depuis, presque chaque année, les parties à cette Convention se rencontrent en une « Conference of Parties » (COP). Le plus souvent, ces réunions sont très techniques et limitées aux Ambassadeurs. Mais quelquefois, les travaux préparatoires ayant muri et appelant décision, les conférences sont élevées au niveau des Ministres ou même des chefs d'Etat ou de Gouvernement. Ce fut le cas à Kyoto en 1997, puis de nouveau à Copenhague en décembre 2009 pour la COP15.

On se souvient qu'à Kyoto, beaucoup de délégations étaient arrivées résignées à accepter le principe d'une taxation des émissions de gaz à effet de serre ou plus limitativement du gaz carbonique CO², le plus répandu des gaz à effet de serre après la vapeur d'eau, et celui par lequel ce sont les activités humaines qui contribuent à l'aggravation de cet effet de serre et donc au réchauffement climatique. Toute combustion, et notamment celle de pétrole, de gaz ou de charbon, pour se chauffer, se déplacer ou produire de l'électricité, dégage un effet du gaz carbonique.

Devant cette perspective, la délégation des Etats Unis d'Amérique - qui représentait un Gouvernement très soucieux de réduire le rôle de l'État dans l'activité économique et de réduire aussi massivement les impôts - s'y était déclarée violemment opposée. Elle a proposé un tout autre système, qui consistait à encadrer le volume des émissions de gaz carbonique dans des enveloppes de volume limité, les permis d'émission ou quotas, et de rendre ces quotas négociables à l'achat ou à la vente sur un marché spécialisé organisé à cet effet.

Ce système fut choisi à Kyoto avec l'espoir que les Etats-Unis, qui l'avaient proposé, pourraient de ce fait l'accepter. La Chine et l'Inde n'étaient pas là, la Russie hostile, et finalement les Etats-Unis qui avaient signé ont refusé de ratifier.