0

Cycle de Doha : la tragédie du manque de vision politique

LONDRES – Les négociations sur la libéralisation du commerce international entreprises dans le cadre du cycle de Doha sont sur le point d’échouer, après dix ans de discussions. Cet échec est une tragédie en devenir, parce que les gains obtenus par les négociations qui ont déjà abouti sont considérables et qu’ils donneraient une nouvelle impulsion à l’économie mondiale. Cet échec constitue également un sérieux réquisitoire contre les dirigeants politiques à la fois des pays avancés et en développement et pourrait coûter près de 700 milliards de dollars de revenus annuels supplémentaires à l’économie mondiale.

Mais si les parties parvenaient à s’entendre sur le cycle de Doha, outre ce gain général, les pays les moins développés profiteraient d’autres améliorations spécifiques et importantes. L’Union européenne a par exemple déjà accepté que tous ces pays aient un accès au marché européen libre de quotas et de barrières tarifaires pour leurs exportations. Les subventions à l’export de l’UE pour les produits agricoles seront en outre abolies à partir de 2013.

D’autres exemples de la sorte abondent. Mais il est probable qu’aucun d’entre eux ne se concrétisera si l’accord global du cycle de Doha n’est pas conclu, parce que la règle gouvernant les négociations commerciales mondiales veut que rien ne soit applicable tant que la totalité des points en discussion ne soit acceptée.

Faire aboutir le cycle de Doha est en outre d’une importance capitale pour l’Organisation mondiale du commerce (OMC). L’ambassadeur brésilien auprès de l’OMC a récemment déclaré que son pays « réfutait l’idée selon laquelle la crédibilité et la légitimité de l’organisation étaient dans une étreinte mortelle avec le cycle de Doha. L’OMC est plus que le cycle et le transcende ».