0

Jeux de pouvoir autour de la Syrie

LE CAIRE – Avec l’escalade de la violence en Syrie, la paralysie de la communauté internationale devient de plus en plus choquante. Mais le jeu des forces régionales externes contribue presque autant à alimenter les affrontements que les événements intérieurs. Si la Syrie pouvait se libérer de l’influence négative des politiques régionales, un changement véritable sans violences supplémentaires pourrait devenir possible.

La Syrie doit gérer elle-même ses diverses composantes ethniques et religieuses et décider par elle-même quelle est sa position par rapport au conflit israélo-arabe. Mais cette tâche est compliquée par l’intervention des pays voisins, qui exploitent la composition hétérogène du pays à leurs propres fins hégémoniques.

La Syrie est située au centre de forces géopolitiques puissantes et opposées. L’Iran, avec sa rhétorique anti-américaine et anti-occidentale et ses vastes ambitions régionales, domine à l’Est. Au Sud, il y a l’Arabie saoudite, alliée de longue date des Etats-Unis et fondamentalement hostile à la République islamique d’Iran. Et au Nord se trouve la Turquie, un pays essentiellement laïc et démocratique qui cherche à étendre son influence sur le monde arabe.

La Syrie et la région qui l’entoure abritent par ailleurs des groupes islamistes extrémistes qui tentent également d’élargir leur sphère d’influence – et qui ne perdent pas de temps à tirer parti de l’instabilité d’un quelconque pays. La Syrie est particulièrement vulnérable à cet égard et les extrémistes incitent à la violence contre les minorités religieuses en utilisant, par exemple, les chaînes de télévision saoudiennes et égyptiennes.