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Contrôle des capitaux : ne nous laissons pas bercer par le chant des sirènes !

ITHACA, NEW-YORK – Le contrôle des capitaux est à nouveau à la mode. Confrontés à une forte appréciation de leur devise, des pays comme l'Indonésie, la Corée et Taiwan craignent un boom des actifs alimenté par l'entrée de capitaux spéculatifs. Ils ont donc récemment pris des mesures pour limiter leur flux.

Dans beaucoup d'autres pays émergents, notamment l'Inde, soumis à la pression de leurs exportateurs affectés par la hausse du taux de change, nerveuses du fait de la situation, les banques centrales envisagent également de contrôler plus strictement les mouvements de capitaux entrant. Et au début de l'année, le FMI s'est exprimé en faveur du contrôle des mouvements de capitaux. Mais ce nouvel engouement pour le contrôle des capitaux résiste-t-il à l'examen ?

Le contrôle des capitaux est une mauvaise idée, une idée bien plus séduisante en théorie qu'en pratique. Les pays émergents devraient considérer l'arrivée de capitaux comme l'occasion de renforcer leur marché financier et non en priorité comme une menace à l'égard de leur stabilité financière.

Un afflux incontrôlé de capitaux pourrait être annonciateur d'un désastre pour un pays marqué par des marchés financiers dysfonctionnels, un haut niveau de corruption et des politiques monétaires et budgétaires insuffisamment volontaristes. Il pourrait donc sembler raisonnable que les pays émergents mettent un frein à l'entrée des capitaux étrangers ou même reviennent en arrière de manière à mettre de l'ordre chez eux auparavant.