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Se reconstruire après la guerre

Élargir l’inclusion sociale et économique sans nuire au dynamisme économique est l’un des défis majeurs des pays avancés. Pour les pays ravagés par la guerre, le problème est autrement plus aigu et les choix plus limités. Ils font, en effet, face à un double défi : créer les conditions d’une économie dynamique et promouvoir, en même temps, l’inclusion sociale et économique. Sans ces deux éléments, toute réconciliation nationale risque d’être impossible.

L’exclusion sociale dans les pays industrialisés induit des coûts pour la société, auxquels les hommes politiques doivent répondre par des mesures ciblées et efficaces. Le manque d’emplois, par exemple, mène souvent la population, notamment les jeunes, à s’éloigner du travail pour tomber dans la toxicomanie et la criminalité. La société doit, alors, couvrir les frais de les politiques de prévention de la criminalité et de l’ administration judiciaire.

Un marché du travail flexible, comme beaucoup le suggèrent, ne peut en lui-même encourager l’inclusion. Dans les pays ravagés par la guerre, les programmes de protection sociale ne font souvent qu’aggraver le chômage en réduisant les incitations à travailler et en créant une culture de la dépendance. Les lois sur les salaires minimums et les accords sur l’emploi mettent souvent les entreprises respectueuses de la législation dans l’incapacité d’employer les travailleurs les moins productifs. Par conséquent, pour ces ouvriers, ces pays ont besoin de salaires plus élevés et de plus d’opportunités d’emploi dans le secteur privé.

Un programme de subventionnement des salaires réduisant le coût de la main d’œuvre non qualifiée à temps plein pourrait notamment encourager les entreprises à embaucher ce type d’ouvriers. Dans le même temps, la formation continue permettrait de rendre le programme attrayant pour les ouvriers et pour la société dans son ensemble. Les gouvernements pourraient supporter les coûts de ces subventions, car la baisse du chômage ferait non seulement diminuer le coût de la sécurité publique, mais permettrait en outre de réduire le besoin de programmes de protection sociale.