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Coups d’Etats en Afrique : le retour

NEW YORK – Une idée reçue voudrait que l’Afrique sub-saharienne en aurait fini avec les coups d’Etats mais cela serait prendre ses désirs pour des réalités. Dans les deux dernières années écoulées, quatre coups d’Etat ont secoué l’Afrique, au Niger, en Guinée, à Madagascar et en Mauritanie. Sans compter les nombreuses interventions indirectes, les coups d’Etat manqués et des menaces généralisées un peu partout ailleurs.

Malgré le déploiement d’institutions démocratiques dans certaines parties de l’Afrique, les coups d’Etat militaires semblent redevenir une option envisagée lorsque la démocratie est mise en échec, que les blocages politiques prennent le dessus ou lorsque les populations déshéritées sont privées d’une autorité constitutionnelle. Les coups militaires légitimés par le soutien populaire (ou du moins par une forme de consentement) et enrobés de promesses de « restauration de la démocratie » pourraient devenir contagieux et encourager des imitateurs dans les états voisins dans lesquels les gouvernements sont aussi faibles et défaillants.

Fin février, à Niamey, la capitale nigérienne, des troupes armées ont encerclé le palais présidentiel et arrêté le président Mamadou Tandja alors que se tenait une réunion de cabinet. Tandis que l’Union Africaine, les Etats-Unis et d’autres membres de la communauté internationale protestaient, les rues de Niamey se faisaient l’écho de la liesse populaire.

Tandja, élu à l’origine de façon démocratique, était devenu de plus en plus autocratique : il a dissous l’Assemblée Nationale et la Cour Constitutionnelle, et a mis fin au mandat présidentiel. La montée en puissance de son autoritarisme a fini par convaincre l’armée et une partie substantielle de la population qu’un coup d’Etat militaire serait la seule manière de mettre fin au déclin du Niger. Les militaires ont bien sur promis la démocratie et des élections justes et transparentes.