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La purge des cadres du Kremlin

MOSCOU – Le président russe Dmitry Medvedev s’est récemment attaqué aux cadres les plus puissants du Kremlin, dont Igor Sechin, vice premier ministre et peut-être l’une des figures les plus proches du Premier ministre Vladimir Poutine – qui est aussi le président de Rosneft, la plus importante société pétrolière russe. Un décret signé par Medvedev dont l’objectif déclaré est d’améliorer le climat des investissements du pays, privera Sechin et d’autres de la présidence de certaines des plus importantes entreprises publiques russes. Mais la purge pourrait aussi avoir d’autres objectifs, plus importants.

Medvedev avait déjà reconnu à la fois la nécessité d’attirer des investissements russes et étrangers et l’état lamentable des investissements dans le pays. Mais cette fois-ci, ses actes sont en complète adéquation avec sa rhétorique, puisqu’il a déterminé des mesures spécifiques à appliquer et déterminé des échéances précises. Et dans la mesure où ces décisions soulèveront certainement une ferme opposition de la part des puissants groupements d’intérêt, les réformes devraient constituer un test majeur pour le réel pouvoir de Medvedev – et pour ses ambitions de briguer un nouveau mandat de président. Même un succès partiel permettrait à Medvedev de fonder sa campagne de réélection autour des thèmes de l’anti-corruption et de la transparence.  

La corruption et la responsabilisation du gouvernement sont probablement les deux questions qui soulèvent le plus grand intérêt auprès de la base électorale de Medvedev dans la classe moyenne montante et le vote contestataire. Les piètres résultats du parti Russie Unie au pouvoir aux élections régionales montrent que l’électorat n’en peut plus du statu quo et est prêt à voter pour une alternative.

Le succès du principal activiste anti-corruption Alexei Navalny représente une autre alerte pour Medvedev. Surtout, nombre des mesures proposées par le président sont similaires à celles recommandées par Navalny: supprimer les fonctionnaires des conseils d’administration des entreprises publiques, assurer le libre accès des documents d’entreprise aux actionnaires minoritaires, et développer un moyen de répondre aux dénonciateurs de la corruption.