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Les protocoles de Rupert Murdoch

NEW YORK – A chaque fois que j’entends les Républicains de droite américains se qualifier de « conservateurs », je ressens l’équivalent mental d’un choc électrique.

Un conservateur est quelqu’un qui, dans la tradition du parlementaire anglais du dix-huitième siècle Edmund Burke, croit que l’ordre établi mérite le respect, et même de la révérence. Contrairement à un libéral qui est quelqu’un prêt à modifier l’ordre établi à la poursuite de la vision d’un monde meilleur.

L’historien Whig du dix-neuvième siècle Thomas Macaulay a fort bien décrit cette différence. Il y avait « deux grands partis » en Angleterre, écrivait-il, qui attestaient d’une « distinction » qui « avait toujours existé, et le devrait toujours. »

D’un côté les libéraux, « une classe d’hommes emplis d’espoir, audacieux dans leur raisonnement, toujours pressés d’aller de l’avant… et disposés à considérer tout changement comme une amélioration. » De l’autre, les conservateurs, « une classe d’hommes profondément attachés à tout ce qui est ancien, et qui, même convaincus pour des raisons qui les dépassent que l’innovation serait bénéfique, n’y consentent qu’au prix de moult appréhensions et réticences. »