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Pas de procès pour Charles Taylor ?

Bien qu'en exil depuis deux ans, l'ancien président du Liberia Charles Taylor reste une menace pour les premières élections du pays depuis la fin de sa brutale guerre civile. Malgré la programmation de vraies élections démocratiques, le Liberia et toute l'Afrique de l'Ouest resteront prisonniers d'un cycle de violences sans fin tant que Taylor ne se retrouvera pas sur le banc des accusés pour crimes de guerre.

Le scrutin présidentiel qui doit se tenir le 11 octobre pourrait aider le Liberia à opter pour le changement. Mais Taylor exerce un poids sur la campagne, et son impunité tourne en dérision la justice internationale.

Le Nigeria, qui donne asile à Taylor, doit le remettre au Tribunal spécial pour la Sierra Leone, créé par les Nations-unies en 2003 pour poursuivre les responsables des carnages des années 1990 en Afrique de l'Ouest. C'est donc le Nigeria qui détient aujourd'hui les clés de la paix dans la région.

Mais le président du Nigeria, Olosugun Obasanjo, a fait jusqu'ici la sourde oreille aux appels lui demandant d'extrader Taylor. Celui-ci est logé dans une villa sur les plages de sable de Calabar, sur la côte sud-est du Nigeria, pendant que des acteurs internationaux essentiels, dont la France, le Royaume-Uni et l'Afrique du Sud, gardent le silence.