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Le prochain Bretton Woods

NEW YORK – L’économie mondiale subit un ralentissement majeur, probablement le plus grave depuis un quart de siècle, voire depuis la Grande Dépression. A plus d’un titre, on peut dire que la crise actuelle est made in America .

En effet, l'Amérique a exporté ses prêts toxiques dans le monde entier, sous la forme de titres garantis par des créances. Elle a exporté sa philosophie de marchés déréglementés, que même Alan Greenspan, son plus fervent partisan, reconnaît comme une erreur. Elle a exporté sa culture d'irresponsabilité des entreprises – notamment par des options d’achat d’actions sans transparence qui ont encouragé la mauvaise comptabilité en partie responsable de la débâcle, tout comme dans les scandales d’Enron et de Worldcom il y a quelques années. Enfin, elle a exporté une tendance économique à la baisse. 

Le gouvernement Bush a finalement fait ce que préconisaient les économistes : davantage de participation dans les banques. Or, comme toujours, ce sont les détails qui finissent par poser problème. Henry Paulson, Secrétaire américain au Trésor a même pu faire échouer cette bonne idée : il semble avoir compris comment recapitaliser les banques sans qu’il n’en résulte une reprise de l’emprunt, ce qui ne présageait rien de bon pour l'économie.

Plus important encore, les conditions obtenues par Henry Paulson pour le capital apporté aux banques américaines étaient bien pires que celles obtenues par le Premier Ministre Gordon Brown (sans parler de celles de Warren Buffett, pour placer beaucoup moins dans Goldman Sachs, banque d'investissement la plus solide des États-Unis). Au vu du cours des actions, les investisseurs pensent avoir fait une très bonne affaire.