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Une nouvelle révolte des masses

PARIS – La crise économique engendre-t-elle un sentiment de peur et de colère dans les pays démocratiques ? En France, un pays où beaucoup d'usines ferment, une vague de séquestrations de patrons (le ampquot;bossnappingampquot; ainsi que l'on surnomme cette infraction d'un nouveau genre) agite un peu partout les conseils d'administration et les services de police. Aux USA, les énormes primes versées aux dirigeants de firmes qui reçoivent des milliards de dollars des contribuables dans le cadre des plans de sauvetage (la compagnie d'assurance géante AIG notamment) portent à blanc la fureur d'une opinion publique alimentée par une presse populiste et par le Congrès.

De la même manière, en Grande-Bretagne une partie de plus en plus grande de l'opinion publique considère avec la même suspicion les banquiers et les parlementaires. La crise actuelle crée-t-elle ou met-elle en évidence un fossé croissant entre dirigeants et dirigés ?

La colère populiste est ce qu'il y a de plus prévisible, et de sûrement inévitable, en raison de la crise économique et financière. L'élément unificateur derrière la montée de cette ampquot;colèreampquot; est le rejet tant des inégalités économiques que de celles liées au traitement de la crise – que ces inégalités soient réelles ou perçues.

Si l'on se réfère au credo de la République française, ampquot;liberté, égalité, fraternitéampquot;, le premier de ces termes, liberté, est devenu la devise de notre époque après la chute du mur de Berlin en 1989, et le second prend de plus en plus d'importance aujourd'hui, alors que l'économie est chancelante.