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L'ancienne et la nouvelle mondialisation

Les attentats du 11 septembre ont donné un coup d'arrêt aux débats et manifestations contre la mondialisation, mais ce n'est que provisoire. Les manifestants antimondialisation vont se retrouver dans la rue à la fin du mois lors de la réunion annuelle du Forum économique mondial qui se tiendra, non comme il est de coutume dans son bastion suisse à Davos, mais à New-York.

Pour les historiens, la mondialisation a un goût de déjà vu : la première mondialisation a eu lieu il y a un siècle. De grandes réalisations - le progrès matériel, de nouvelles technologies révolutionnaires telles que la voiture, le téléphone, la machine à écrire - sont apparues, accompagnées comme aujourd'hui d'une opposition à l'encontre d'un mouvement qui semblait échapper au contrôle des institutions politiques traditionnelles.

A cette époque comme de nos jours, la réaction s'est manifestée davantage dans les pays riches que dans les pays pauvres de la périphérie, souvent considérés comme victimes du capitalisme. Ce sont les pays développés qui ont imposé des barrières douanières pour se protéger de la concurrence "déloyale" de l'étranger. Les banques centrales ont été instituées pour gérer les flux désordonnés de capitaux. La politique d'immigration est devenue plus restrictive, certains des principaux pays accueillant les immigrés envisageant de devenir plus sélectif.

Le processus d'intégration a été inversé à l'issue de la Première Guerre mondiale et finalement complètement annihilé par les chocs brutaux qui ont accompagné la crise de 1929 : l'élévation des barrières douanières, une panique financière contagieuse au coeur du système financier mondial et à sa périphérie, le recours au nationalisme économique et l'orientation vers l'autarcie. Ce qui représentait avant 1914 un filet de sécurité contre une mondialisation excessive, est devenu après la Première Guerre mondiale un piège gigantesque qui a étranglé l'économie mondiale.