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La nouvelle trajectoire de la China

CAMBRIDGE – La nature opaque du gouvernement de la Chine complique la lecture de la direction de la politique économique chinoise, et donc la prévision du développement de l'économie chinoise dans les années à venir. Mais la taille de l'économie chinoise et son rôle dans les marchés commerciaux et financiers mondiaux nous imposent d’essayer de comprendre les intentions de la nouvelle direction de la Chine.

Un point de départ utile est d'examiner les principales nominations qui ont été faites depuis que le président Xi Jinping a pris ses fonctions. Une surprise a été la décision de maintenir Zhou Xiaochuan en tant que gouverneur de la Banque populaire de Chine (la PBOC). Zhou était arrivé à la fin de son mandat – et avait atteint un âge où les fonctionnaires sont censés prendre leur retraite. Donc, la décision de le garder pendant au moins les deux prochaines années représente une reconnaissance significative accordée par la nouvelle direction chinoise.

Zhou est un expert intelligent et respecté au niveau international pour ses compétences monétaires et financières. À la tête de la banque centrale, il a favorisé une politique monétaire davantage basée sur le marché et a œuvré à l'internationalisation accrue de la monnaie chinoise, le renminbi. Il a également travaillé avec succès à contenir les pressions inflationnistes. Nous pouvons attendre la poursuite de cette ligne politique dans les années à venir.

Le nouveau ministre des finances, Lou Jiwei, débarque au ministère en provenance de la China Investment Corporation, le fonds souverain de la Chine, où il avait à faire avec les marchés de capitaux mondiaux de manière quotidienne. Lou, un économiste de formation qui a déjà servi dans le ministère des finances en tant que ministre adloint, où il était un partisan de réformes de marché, a présenté son approche actuelle de la politique fiscale et budgétaire lors d'une récente réunion à Beijing. Il a rejeté ce qu'il a décrit comme le style européen du très grand gouvernement et de taux d'imposition élevés, tout comme le style américain de taux d'imposition plus faibles mais de déficits budgétaires importants, pour préconiser un faible déficit budgétaire et un système fiscal qui favoriserait les « opportunités » pour les individus et les entreprises privées.