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Le mystère du Karmapa

NEW DELHI – La saisie opérée par la police indienne d’une somme importante en devises étrangères, notamment en yuans chinois, au monastère où réside le 17e Karmapa – l’une des principales figures du bouddhisme tibétain – a ravivé les soupçons concernant le fait qu’il pourrait toujours être un « agent de Beijing », une éventualité qu’il a été obligé de nier.

Le Dalaï Lama, le Panchen Lama et le Karmapa sont les représentants des trois principales lignées du bouddhisme tibétain qui ont, par intermittence, été en conflit au cours de l’histoire. La Chine, qui cherche à asseoir son emprise sur le Tibet, a tenté de contrôler le processus traditionnel par lequel est désigné le successeur d’un chef spirituel tibétain décédé.

C’est ainsi qu’en 1992, le gouvernement chinois a reconnu Orgyen Trinley Dorje comme le 17e Karmapa. Il fut conduit au monastère de Tsourphou – le siège traditionnel des Karmapas, presque entièrement détruit durant la Révolution culturelle. Il devint le premier « Bouddha vivant » réincarné à la fois reconnu et approuvé par la Chine communiste.

Mais en 1999, Orgyen Trinley Dorje s’enfuit en Inde, en passant par le Népal, un événement qui fit sensation, tout en éveillant des soupçons en raison de l’apparente facilité avec laquelle le Karmapa et son entourage ont pu s’enfuir. Il est depuis cette date l’hôte du Dalaï Lama au monastère de Gyuto, près de Dharamsala, en Inde.